Billet d'humeur Lifestyle

Le jour où j’ai pété un coup!

février 16, 2016

Une étude réalisée par l’Ipsos, en 2011 montrait que beaucoup de femmes actives culpabilisaient de ne pas consacrer assez de temps à leur vie familiale, et plus spécifiquement à leur enfant (62%), à leur conjoint (63%) ou à elles-mêmes (65%).

Cette étude m’avait interpelée, je n’étais donc pas la seule à osciller entre angoisse, culpabilité, frustration, préoccupation et épuisement. Disons le une bonne fois pour toutes, il est inhumain et illusoire de croire que l’on pourra être « performante » sur tous les fronts !

Ce n’est pas étonnant que le terme de « burn out maternel » soit apparu ces dernières années car il est symptomatique de la pression quotidienne que peuvent subir les femmes quand elles décident de jouer le jeu de la maternité à l’ère de la performance. Mon plus grand défaut c’est probablement ma réceptivité aux théories psycho-éducatives d’aujourd’hui. Enfin non, CE FUT ma plus grande faiblesse. Heureusement depuis j’ai retrouvé mon chemin ! Mais en tant que jeune mère perfectionniste et dans l’hyper-contrôle possédant une inclination naturelle à jouer le jeu de la compétition sociale et bien j’ai pu me perdre en effet…

Disons que les quelques mots d’aujourd’hui sont les confessions d’une maman “control freak” repentie !

La société d’aujourd’hui rend fou. De façon imperceptible et sournoise mais elle rend fou. Elle aliène particulièrement les mères en leur faisant porter une pression bien trop lourde…

 

BLOG-L

 

Nous devons tour à tour être spécialistes en nutrition : gare à celles qui oseraient donner autre chose que des produits bio préparés avec amour à leur progéniture! Quand ce ne sont pas les foudres du mépris qui s’abattent sur celles qui avouent user parfois des services de M. Nestlé, ce sont les mises en garde constantes des instances sanitaires qui nous rappellent que nous ne pouvons plus ignorer que nous empoisonnons nos enfants.

Nous devons être animatrices : divertir et stimuler nos bambins est un devoir auquel on ne peut se soustraire sans prophétisation du pire à l’horizon !

Blog-4

Redrum 🙂

Nous devons également être psychologues et connaître la bible doltoïste sur le bout des doigts, « l ‘enfant est une personne » et vous il vous déshumanise peu à peu.

Et enfin, nous devons être enseignantes, je crois qu’il n’est nul besoin de vous trouver des exemples pour illustrer mon propos car je vois que vous opinez du chef!  Faites pas semblant!

Blog-2

Lac de Maubuisson Eté 2011

Je ne saurais dire ce qui s’est passé entre la maternité vécue par mes grands-mères, ou par ma mère et la mienne. Où est-ce que ça a merdé ?

Vous m’avez souvent demandé sur Youtube quelles étaient les lectures qui m’avaient marquée. Et bien, il est un livre qui m’a permis de relativiser mon « importance » dans la vie de mes enfants : c’est le livre d’Elisabeth Badinter « le conflit : la femme et la mère » qui expliquait les mécanismes en jeu et les glissements « ni vu, ni connu » qui s’étaient opérés depuis les combats féministes des années 60 et 70 et qui avaient abouti à modifier sensiblement le statut de la maternité en impliquant des devoirs accrus à l’égard de l’enfant dont on a choisi le moment de la venue au monde.

C’était donc ça ! Je n’étais finalement qu’une personne manquant d’esprit critique et de synthèse, et non une mauvaise mère et ça mes amies, ce jour là lorsque j’ai compris ÇA, j’ai comme qui dirait « pété un coup » et je ne remercierai jamais assez Elisabeth pour la légèreté qu’elle m’a rendu !

Devenir maman m’a réellement appris ce qu’était le lâcher-prise ! Je ne connais rien de mieux que la parentalité pour soigner la psychorigidité! Rien ne va jamais comme on le souhaite. Rien ne nous appartient. Bref, il faut sans cesse s’adapter…

Je sais que plusieurs d’entre vous ne se reconnaitront pas dans mon discours. Vous trouverez, à raison, que je manque de simplicité dans mon rapport à la maternité et qu’il ne faut pas trop réfléchir mais faire confiance à son instinct. Sauf qu’en matière d’instinct maternel je suis une sous-douée et tout est passé chez moi par la tête avant d’atteindre le coeur!

J’ai compris aussi que je devais rester bienveillante à mon égard en toutes circonstances. Finalement, rien n’est grave sauf la mort. Vous pouvez lever les yeux au ciel devant cette lapalissade mais avouez que ce n’est pas tous les jours qu’on touche du doigt l’essence même de ce concept!

Tout peut toujours se rattraper, n’en déplaise à certains psys dont le but non avoué est de se garantir une patientèle pour les siècles des siècles en déresponsabilisant peu à peu les parents, en les infantilisant et en évidant de toute substance sémantique le terme « éducation ».

Un autre cadeau que la maternité m’a fait, c’est l’humilité ! Parce qu’entre la mère que vous imaginez que vous serez et celle que vous êtes capable d’être il y a un océan ! Mais c’est bien, ça enrichit le voyage !

Avoir des enfants est à mes yeux l’expérience spirituelle la plus intense qu’il nous est donné de vivre en tant qu’humain. J’ai souvent été sur les cimes du désespoir mais j’ai aussi souvent été haut, très haut sur les monts extatiques du bonheur et je ne changerai pas une virgule à l’histoire si je devais la revivre. Car il est une chose que je dois à cette expérience et qui me surprend moi-même chaque jour,  c’est réellement le plus beau cadeau que la vie m’ait fait en me faisant maman : la confiance en moi.

Oui, malgré ce monde en perdition,  la Syrie, Zika, le chômage, mes incompétences, mes faiblesses, mes manquements et bien malgré tout ça j’ai confiance en la vie et en moi. Je sais que je peux être heureuse parce que je peux me relever de tout, que rien n’est jamais perdu et qu’il suffit que je veuille être heureuse pour l’être…

 

Blog-7

Andernos été 2010
signature

You Might Also Like

21 Comments

  • Reply Badgeekette - Elodie mars 10, 2016 at 8:34

    Effectivement, devenir Maman change la vie et surtout la vision de nous-même. perso ma fille n’a que 8 mois mais j’alterne les phases où je me dis que je suis une super maman et les jours où je pense que je suis nulle à ch… avec elle. on essaie toujours de faire au mieux mais on trouvera toujours qqun pour venir critiquer. comme m’a dit justement ma maman, parents c’est le seul métier qu’on ne peut pas apprendre … à part en le vivant.
    ton blog est super joli, j’apprécie beaucoup ! gros bisous 🙂

    • Reply Sonia_Selaire mars 11, 2016 at 7:25

      Voila, être maman c’est un peu les montagnes russes émotionnelles :-)! Heureuse de te retrouver ici en tout cas <3<3

  • Reply Ele mars 10, 2016 at 9:06

    Interessant. Dans la famille je demande le Si tu ne fais pas l’amour 3 fois par jour, ton couple bat de l’aile hahah En ce qui concerne les enfants ce qu’ils ont besoin c’est de l’amour et une maman épanouie. Le reste c’est secondaire à mes yeux.

    (bon et des legumes aussi car le vert c’est la vie. :))

    • Reply Sonia_Selaire mars 11, 2016 at 7:18

      Oui y’a ça aussi! Bref, la pression énorme qui pèse sur la femme d’aujourd’hui est, je trouve, la traduction d’un recul du féminisme! Mais bon il faudrait pour le coup que j’en fasse un autre article :-)! Plein de bisous <3

      • Reply La miss Marçau mars 15, 2016 at 8:30

        Je ne suis pas maman mais j’ai tout approuvé, et j’aimerais beaucoup lire cet article (j’ai pas encore tout lu de ton blog, je croise les doigts pour que ce ne soit pas déjà le cas !), parce que je me faisais exactement la même réflexion qu’Ele sur la pression qu’on peut nous mettre sur nos envies et nos couples…

        • Reply Sonia_Selaire mars 15, 2016 at 3:27

          C’est à se demander ce qui s’est passé, vraiment… Il y a de nos jours une réelle régression de la condition de la femme, enfin c’est ce que je crois, dans le sens où la pression sociale n’a jamais pesé aussi lourd sur les femmes qu’à notre époque! Ca fait bien plaisir en tout cas de te lire ici aussi! Plein de bisous <3 <3

  • Reply Natacha mars 10, 2016 at 9:06

    Comment dire j’aurais pu écrire ce texte tellement je m’y retrouve sauf que je n’ai pas ta plume loin de là! Bravo pour ce nouveau blog! Il correspond parfaitement à l’image que j’ai de toi depuis que je te suis sur YouTube! Bonne continuation et bon déménagement

    • Reply Sonia_Selaire mars 11, 2016 at 7:19

      Alors j’en suis plus que ravie :-)! Ca fait plaisir de te voir ici aussi ! PLein de bisous <3<3

  • Reply socarolyne mars 10, 2016 at 10:06

    haaaa sonia ma soniaaa
    quel bonheur de te lire si juste trouvant les mots qui resonnent en moi !!!
    le role de mere est un des plus difficile qui m’ait ete donné de vivre (et pourtant j’en ai vecu des vies) mais aussi un des plus enrichissant et qui m’a le plus appris, sur moi meme en particuliers!
    j’ai tellement hate de te lire a nouveau, je te souhaite une longue vie blogo-phile aussi reussie que celle sur youtube. e
    gros bisous
    caro

    • Reply Sonia_Selaire mars 11, 2016 at 6:58

      J’ai lu un jour que devenir mère c’est se prendre pour Dieu 1 mn et se sentir une merde le reste de sa vie :-)! Voila ça me parle hahahaha! Oui c’est difficile mais qu’est-ce c’est bien aussi… Merci en tout cas pour tes encouragements, ça fait du bien :-)!

  • Reply Ode Ile mars 11, 2016 at 11:40

    Rha la merveilleuse vie de maman ….

    • Reply Sonia_Selaire mars 13, 2016 at 2:13

      Oui merveilleusement difficile ;-)!

  • Reply Bellattitude13 mars 11, 2016 at 12:01

    Le rôle d’une maman est tellement important enrichissant et souvent usant lol j’en ai 3 à la maison le plus grand a 10ans y a encore du chemin… Tu as su trouver les mots 🙂

    • Reply Sonia_Selaire mars 13, 2016 at 2:11

      Oh oui c’est épuisant mais qu’est-ce que c’est bien ;-)! 3? Tu es mon héros hahaha 🙂 <3<3

  • Reply Petite Chenille mars 13, 2016 at 7:40

    “Parce qu’entre la mère que vous imaginez que vous serez et celle que vous êtes capable d’être il y a un océan !” Par cette phrase tu a tout dit.
    Bonjour Sonia, cet article est très riche, très bien écrit….continue comme cela.

    • Reply Sonia_Selaire mars 15, 2016 at 3:36

      Pour les initiées bien entendu 😉 ! Plein de bisous <3<3

  • Reply Martine Calvinhac avril 13, 2016 at 7:22

    Maman un jour, maman toujours….. nous sommes géniales, puis nuĺles, nous sommes des rocs et des pailles. Nous sommes la confiance et le doute. Il n’y a pas de demi-mesure.
    C’est le rôle le plus beau et le plus ingrat. Les années qui passent ne changent rien à cette équation.
    Avec l’adolescence et ces différents, le rôle de maman en prend un coup et nos certitudes aussi.
    Oui Sonia, être mère c’est se prendre pour Dieu 1mn et une merde toute sa vie si le résultat, de tant de sacrifices, d’amours, de constances, débouche sur un conflit et une rupture.
    La leçon à tirer est que nous faisons tout ce que nous pouvons pour nos enfants avec amour et qu’ils se construisent selon leurs propres structures. 3 enfants, la même éducation et ma seule fille est à l’opposée de ses frères et en rupture totale avec nous, nous privant de sa presence et de notre petit-fils.
    Culpabiliser oui, pourquoi ? Parce que je me poserai toujours la question où me suis-je plantée.?
    Avoir des enfants est une aventure, la plus belle et quelles que soient les difficultés, les doutes, il y a tant e joie à recevoir et à partager que cela vaut la peine de vivre cette belle histoire.
    Merci de nous permettre d’échanger sur tant de sujet différents.
    Bisous, Jolie Sonia

  • Reply Anne la petite Belge mai 25, 2016 at 2:07

    Je suis devenue maman “physiquement” il y a 8 ans pour la première fois!
    Je dis physiquement , car il m’a fallut du temps avant de trouver ma place dans ce nouveau rôle . C’est facile de faire un enfant, c’est par contre bien plus compliqué de devenir maman … La pression est énorme car il faut gérer sur tous les fronts ( enfin c’est ce qu’on pense !! ) . Dans sa vie professionnelle , de couple, dans ce rôle de femme au foyer ( le peu d’heures où je peux l’exercer) , avec les chérubins, en fait je crois que je suis devenue maman le jour où j’ai compris qu’il y avait différentes marches sur le podium et que je ne pourrais pas toujours avoir la médaille d’or!

    Bisous !! 🙂

    • Reply Sonia_Selaire mai 30, 2016 at 10:30

      Oui la pression est énorme mais avec le recul, je me dis que je suis la seule à me l’être mise autant. Il faut vraiment apprendre à être indulgent envers soi-même c’est le début de la sérénité 😉 PLein de bisous <3 <3

  • Reply Gabrielle août 14, 2016 at 11:03

    I see you don’t monetize your blog, there is one cool method to make extra money, it will work with your
    blog perfectly, just search in google for: tips
    and tricks by Fejlando

  • Reply Eloise août 24, 2016 at 10:10

    Bonjour Sonia, je découvre avec plaisir ce billet qui me parle beaucoup, qui parle beaucoup à la mère des 3 enfants que je suis.
    Je suis, comme toi, passé par des moments houleux, ma vie n’a pas été de tout repos et des fois, j’étais exténuée, je me sentais seule et j’avais l’impression de tout faire de travers… avec mes enfants, mon mari, mes amis même.
    Et puis finalement, depuis quelques temps(2 ans) je vais beaucoup mieux. J’ai fait un long travail sur moi, avec l’aide d’un psy et de quelques très bons amis et je me suis rendu compte de quelque chose d’essentiel : on ne peut pas établir une belle relation avec ses enfants si on est pas vraiment heureux. Et surtout, nos enfants ne peuvent pas être vraiment heureux et si on est pas heureux soi-même.
    Ca parait évident, dit comme ça, mais j’ai mis du temps, beaucoup trop de temps, à comprendre que je n’étais pas VRAIMENT heureuse, pas vraiment épanouie. Je pensais l’être, mais je ne l’étais que par moment, que partiellement, qu’après une bonne journée ou une bonne nouvelle. Je n’étais pas vraiment sereine. Et mes enfants le sentaient. Car les enfants sentent TOUT, malgré tous nos efforts pour cacher nos états d’âme, ils absorbent tout comme des éponges. Bon, de mon côté, mon accession à la vraie sérénité intérieure est passée par un divorce. Et pourtant, je ne voulais pas me séparer de mon mari, je pensais que l’on traversait une “petite” crise, comme dans tous les couples, que les disputes, les énervements, les plages de silence, étaient normales, que c’était ainsi dans tous les couples et que le notre en sortirait grandi. Or, il a bien fallu se rendre à l’évidence : nous ne nous rendions plus heureux, malgré les années de bonheur et le fait que nous nous aimions encore, quelque part, et pour toujours. Mais nous n’arrivions plus à nous rendre vraiment heureux. J’aurais aimé le comprendre, le sentir plus tôt, pour m’épargner des années de souffrance ainsi qu’à mes enfants.
    Mais qu’importe. Aujourd’hui, et grâce à cette séparation, je revis, je respire mieux et je suis beaucoup + zen avec mes enfants, qui me le rendent bien. Quand ils sont chez leur père, je m’occupe de moi, j’en profite pour découvrir de nouvelles choses et me rebooster. Et quand je suis avec eux, c’est une maman épanouie qu’ils sont heureux de retrouver, je suis vraiment avec eux et c’est formidable.
    Voilà, j’avais envie de partager mon expérience avec vous et de vous dire que tout est possible, il suffit parfois de prendre du recul et de ne pas avoir peur de changer certaines choses dans notre vie. Car même si c’est douloureux au début et qu’on a très peur et très mal, c’est la lumière qui nous attend au bout du tunnel !!

  • Leave a Reply