Billet d'humeur

Pour toi c’est facile… tu es jolie!

2 juillet 2017
Ce que je vais écrire m’a été inspiré par une discussion très intéressante et en toute bienveillance que j’ai eue en Insta-privé avec la blogueuse “Est-ce que ça fait le café” dans laquelle elle me faisait part de cette réflexion suite à mes photos  postées sur Instagram dans lesquelles je parlais de “corps fonctionnel” plutôt que de “corps parfait” :
Souvent les filles qui parlent d’acceptation de soi sont des filles déjà bien gâtées par la nature
En résumé, c’est facile pour elles de parler  de “body positive” et d’arrêt des complexes, elles sont jolies. Manqueraient-elles de crédibilité?
J’ai relativement peu de certitudes mais le fait qu’aucune femme ne se trouve jolie, en est une.
Même et particulièrement les femmes que l’on déclare belles. Certaines masqueront mieux que d’autres leur manque de confiance mais quand on gratte un peu la surface on découvre des fragilités.
Je vous invite d’ailleurs à regarder cette vidéo de Cameron Russel, mannequin, qui nous explique que les insécurités narcissiques sont beaucoup plus nombreuses chez les mannequins que dans le reste de la population.

 

Je la crois volontiers. Car oui, c’est une certitude, aucune femme n’est un monolithe de confiance en soi, aucune femme ne se lève tous les matins en se disant : je suis sublime et parfaite.
De plus, je crois qu’exercer un métier qui dépend de votre physique et donc du désir  des autres doit être réellement destructeur pour l’estime de soi.
Cameron Russel nous explique aussi qu’elle a gagné à la loterie génétique, c’est indéniable, puisqu’elle correspond par hasard, chance, héritage (cochez la case qui vous convient!) aux critères de beauté en vogue à notre époque dans notre société occidentale. Dans d’autres endroits de ce monde, ils seront différents. Je pense à certaines régions du Sahara où l’on procède encore parfois au gavage de jeunes filles avec du lait de chamelle car le surpoids, voire l’obésité sont considérés dans cette région du globe comme un signe extérieur de richesse quand la maigreur, elle, trahit la pauvreté.
Cependant, Cameron le dit aussi avec beaucoup d’honnêteté : les images que l’on voit dans les magazines sont des constructions. C’est aussi ce que je vous répète depuis le début de ma chaine Youtube : toute femme peut être glamour à souhait pour peu qu’elle maîtrise les bonnes techniques de maquillages. Une photo réussie c’est le résultat de la mise en commun de plusieurs compétences : un maquilleur talentueux pour un maquillage réussi, un coiffeur habile pour une coiffure travaillée, la bonne lumière, le regard d’un photographe… Sans compter la post production et toutes les retouches numériques que notre époque met à portée de clic.
L’excellente série 10% nous offre en cela des exemples parlants  de ce que sont les dessous de cette fabrique à rêve qu’est l’industrie du cinéma. Je pense à cette scène dans la saison 2 où Juliette se transforme en Binoche par le truchement  d’une équipe d’au moins 10 personnes. A la fin de la scène elle se regarde puis les regarde et leur dit “BRAVO”. Bien sûr, c’est une femme magnifique au charisme magnétique, personne ne le nie, mais en grande partie, le mérite de sa sublimité d’un soir au festival de Cannes revient aux maquilleurs, coiffeurs, stylistes présents dans la pièce. Ca aussi, il ne faut pas le nier.
Il n’existe pas à mes yeux de femmes laides, juste des femmes qui ne savent pas se mettre en valeur. Les maquilleurs ont un rapport à la beauté particulier. Tous les visages sont un terrain de jeu à explorer, à exploiter. On prend de la hauteur, on sort de ces schémas mentaux pré-établis. En cela mon métier fut très salutaire et m’a beaucoup appris sur mon rapport à ma propre image.
Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de prôner le maquillage au détriment du naturel. De toute façon, je trouve ce débat extrêmement stérile. On n’a pas à être pour l’un ou pour l’autre. Comme s’il fallait décider d’intégrer une chapelle. Soit on est naturelle, soit on est sophistiquée.

 

 

Et faire ce qui nous chante en fonction des moments, c’est possible? La liberté d’être une femme, c’est aussi pouvoir choisir de se maquiller quand on le souhaite et pouvoir sortir sans une once de maquillage et se sentir tout aussi bien dans sa peau, j’en ai déjà parlé  en vidéo, je ne vais pas radoter.
Alors pour répondre à la question de notre postulat, est-ce que c’est plus facile de s’accepter quand on est jolie?
Il n’y a rien de plus subjectif que la beauté… #lapalissade
On est toujours le beau ou le moche de quelqu’un. Mais admettons que quelqu’un fasse consensus et qu’une majorité le déclare belle ou beau alors, oui, dans un sens le confort que cet état de fait procure est appréciable. Ca ouvre plus de portes que ça n’en ferme mais… ça ne rend pas heureux.
Vous voulez des exemples? Maryline.
Quoi? Vous n’êtes pas au courant? Bon, je cite Wikipédia : “En dépit de son immense notoriété, sa vie privée est un échec et sa carrière la laisse insatisfaite.”

 

Je répète à ma fille tous les jours que si elle ne se contente que d’être jolie, ce ne sera pas suffisant. La beauté n’est ni un talent, ni une compétence et si on s’y réduit on devient une coquille vide. C’est réduire notre vie de femme à la seule carte de la séduction. Et c’est triste…
Laissez moi vous parler rapidement de ma mère qui fut un monstre de beauté. Autre époque oblige, elle s’en est contentée. Elle n’a jamais cultivé autre chose que cela. Comme tout le monde le sait ou devrait le savoir la beauté s’enfuit tôt ou tard. Celle de ma mère n’a pas dérogé à la règle. Quand toute votre vie est axée sur la séduction que reste t-il quand elle n’est plus? Un grand vide existentiel.
Si vous vous posez la question de savoir si je suis narcissique? Bien sûr que je le suis.  Je crois posséder un bon ego. Un juste ego. Les psychiatres et les psychologues passent leur vie à réparer des ego laminés alors il s’agit de ne pas fustiger ceux qui en  ont un. Ce dernier leur permet de vivre la vie qu’ils désirent vivre. Donc pour en revenir à mon ego, je crois bien qu’il n’est ni hypo-, ni hypertrophié, c’est un ego dans la norme. Il me permet d’avoir confiance en moi. On croit souvent à tort que la confiance en soi c’est se croire le plus fort du monde ou alors supérieur aux autres, or à mes yeux c’est être lucide sur ses forces et ses faiblesses. C’est essayer si on le peut de compenser nos fragilités mais c’est surtout orienter son regard sur nos points forts et les exploiter.
A quoi cela servirait-il que je ne me concentre que sur mes complexes? J’en ai comme tout le monde. Et je vais même jouer le jeu jusqu’au bout et vous les lister mais je dois aussi vous raconter comment au fil du temps je les ai surmontés. C’est parti!

Je n’aime pas ma morphologie

J’ai été adolescente et jeune adulte dans les années 90 et à cette époque avoir une silhouette athlétique ce n’était pas du tout à la mode. Il n’y avait dans le paysage médiatique (magazines et télé) que des sylphides, grandes, minces, éthérées. C’est toujours le cas mais depuis les fit-girl ou les Nikki Minaj aux fessiers proéminents sont venues compenser un peu cette hégémonie. Bref, je me trouvais toujours trop grosse, toujours trop musclée, carrée, charpentée etc. Ce qui m’a conduit irrémédiablement vers des troubles du comportement alimentaire, je vous en ai parlé là encore en vidéo. Le plus ironique dans tout ça c’est qu’entre-temps  Kim Kardashian et sa silhouette callipyge ont relancé la mode des femmes avec des formes.
Je me suis donc rendue malade pendant des années alors qu’il suffisait que j’attende patiemment que la mode passe. Quelle ironie! Alors voici ce que je dis à celles qui se trouvent actuellement trop maigres ou grosses, pas assez ci ou trop ça : a-tt-endez! Personne ne peut prédire la mode de demain. Et qui sait? Le petit bourrelet dans le dos sera peut-être la grande tendance de 2022 et l’on trouvera peut-être des chirurgiens esthétiques qui vous injecteront votre propre graisse pour en avoir un si ce n’est pas déjà votre nature. Et si être jolie n’était qu’une question de coïncidence entre votre génétique et votre époque?

On continue :

Je n’aime pas mon nez

Je trouve qu’il a une bosse et que selon les angles on dirait un “pied de marmite” comme on dit chez moi. Il a fallu que je rencontre la sculptrice Annabelle Delaigue et qu’elle me dise “mais tu rigoles?  Je rajoute toujours une bosse sur le nez de mes sculptures, c’est tellement plus joli” pour que forcément je me mette à jeter un tout autre regard sur mon appendice nasal! Elle m’a aussi parlé de mes oreilles “parfaites à ses yeux, petites et collées”. Qui regarde les oreilles à part les sculpteurs?

Je n’aime pas mes pieds

On m’a appelée  Berthe aux grands pieds toute mon enfance, cette dernière n’avait d’ailleurs qu’un seul pied plus grand (c’est le quart d’heure culture). Moi, j’avais des palmes à 13 ans et je chaussais déjà du 40. Il se trouve que mon mari adore mes pieds qu’il trouve ultra féminins et délicats, je me suis donc depuis réconciliée avec eux.

Je déteste mes genoux

Je suis bien d’accord avec Gabrielle Chanel qui trouvait aussi qu’un genou en soi c’était très laid.

Je n’aime pas mes cuisses

Ce sont plutôt des cuissots.

Je n’aime pas mes bras

De bons gros bras de catcheuse, hmmmm tellement féminins….

Je n’aime pas mes cheveux

Je leur fais d’ailleurs payer chèrement le fait de me déplaire et je les entends me dire :

Je n’aime pas mes mains

Des mains de pêcheurs norvégiens c’est beau sur un pêcheur norvégien pas sur une femme !

 

 

Voilà vous savez tout mais l’exercice suivant consiste aussi à lister ce que j’apprécie chez moi.

J’aurais peut-être du prévenir de prévoir un café…

J’aime mes oreilles

Ben oui, du coup! Merci Annabelle 😉

J’aime mes fesses

Mon père aimait à me répéter que j’avais le postérieur comme la porte de Marrakech. Pour qui connait la forme de cette porte, c’est un compliment 🙂

J’aime ma taille dessinée

Ca vient compléter le point du dessus, rapport à la porte susmentionnée.

J’aime ma poitrine

La taille, la forme tout me plaît 🙂

J’aime mes chevilles

Fines. Franchement pour une amoureuse des chaussures, c’est le pied #okjesors.

Si toutes les femmes s’astreignaient à lister ce qu’elles aiment chez elles, plutôt que de ressasser ce qu’elles n’aiment pas, je crois que les choses iraient déjà mieux.
Il s’agit aussi de mettre à une juste distance son physique, ça ne doit pas tout recouvrir de nous-mêmes, nous sommes bien plus que ce l’on donne à montrer.
Bref, cette longue litanie pour conclure (oui, enfin)  qu’il m’importe peu de savoir si je suis jolie ou pas aux yeux des autres, je le suis à mes yeux. Ca m’a pris du temps pour le dire alors c’est vraiment sans peur de faire montre de vanité que je le dis. Je sais aussi qu’il y a des jours où je le dis mais je ne le pense pas.

Et alors?

Ces jours là, il faudrait essayer de se trouver belle, ne serait-ce que pour donner l’exemple.

 

 

La phrase originale est de Jacques Prévert : “il faudrait essayer être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple”.
Merci d’avoir lu ce post jusqu’au bout…

 

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6 Comments

  • Reply MarieLaure H 13 octobre 2018 at 17 h 19 min

    Mais tu es sublime! Tu aurais pu ajouter :tes yeux, tes pommettes et ta bouche magnifique!

    • Reply Sonia_Selaire 14 octobre 2018 at 17 h 06 min

      Oh je rougis hahaha TU es adorable 😘😘

  • Reply Camille 18 octobre 2018 at 19 h 29 min

    C’est si vrai, et si bien expliqué! Après tout, les goûts et les couleurs… (PS: la dernière photo dans l’arrêt de bus me fait penser à Cindy Sherman)

    • Reply Sonia_Selaire 19 octobre 2018 at 12 h 16 min

      Ah tu trouves? Bon ben écoute, c’est un compliment, non? 🙂
      Gros bisous 😘😘

  • Reply Pacano 21 octobre 2018 at 10 h 04 min

    Quel magnifique post !!!! Je me reconnais tellement dans ce que tu décris ! Trop petite (1.56m , jambes trop courtes, nez très moche…) et pourtant j’ai toujours entendu “ce qui est petit est mignon” “j’adore ton nez en trompette, c’est sexy”….. bref, je suis une insatisfaite, très dure avec moi, je ne me pardonne rien. Comme tu parles de ta mère dans ce post, la mienne soulignait avec plaisir tout ce qui n’allait pas chez moi (orteils trop longs, cuisses trop grosses, cheveux trop foncés, nez affreux … et j’en passe) Je crois que ça m’a marquée à vie. Le temps a passé , je suis toujours exigeante avec moi mais j’ai compris que j’ai des atouts à mettre en valeur et quel plaisir d’entendre dire “wouah, tu ne fais pas ton age, Ca se voit que tu t’entretiens !” Quelle revanche sur ma jeunesse ! Merci Sonia pour ce post gros bisous !

    • Reply Sonia_Selaire 2 novembre 2018 at 8 h 17 min

      Aaah les phrases assassines des mères! Oui, ça marque en effet! Mais heureusement on tombe toujours sur des gens capables d’aimer chez nous ce que nous n’aimons pas. Alors oui, l’enfer c’est les autres parfois mais le paradis c’est les autres aussi, il suffit de s’entourer des bonnes personnes 😉 Plein de bisous <3

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