Billet d'humeur

Deviens la mère que tu es!

juillet 28, 2016

Je me permets de paraphraser notre ami Friedrich car je souhaiterais traiter du thème éculé du mythe de la mère parfaite.

Je sais qu’il existe des blogs entiers qui lui sont consacrés et je sais aussi que je n’apporterai rien de nouveau concernant le sujet, si ce n’est mon expérience.

Il se trouve que lorsque je suis tombée enceinte de mon fils, je m’imaginais que je serais cette mère là :

 

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La Vierge Marie, rien que ça!

 

Une mère douce, dotée d’une patience infinie, ayant la capacité (surnaturelle ?) de répondre toujours de façon juste et cohérente aux sollicitations de mon enfant à venir.

Lui, bien sûr, serait un enfant calme et posé puisqu’il grandirait dans un cadre harmonieux et sécurisant le tout arrosé d’amour, de bienveillance, de guimauve, et de petits lapin en sucre, de … oui bon j’étais jeune et naïve! Sûrement plus que la moyenne j’en conviens!

M’enfin le backdraft de la réalité que je me suis pris dans la “yeule”, je peux vous dire que ça vous remet n’importe quelle pendule à l’heure.

 

Hellooooo principe de réalité!

 

C’est malheureusement sans compter sur l’enfant à naître qui lui a décidé de contrecarrer votre joli scénario hollywoodien…

Ah les joies de la génétique! En fonction des aléas vous pouvez vous retrouver soit avec un génie, soit avec un enfant qui a hérité de tous vos défauts, ce qui bien entendu lorsque vous avez tendance à être dans la projection narcissique vous ramène incessamment à vos propres limites.

Je vous l’ai déjà dit mais clairement on gagne en humilité en devenant maman, rien que pour ça c’est essentiel (no offence aux childfree, je ne fais pas de prosélytisme !)

 

Il se trouve que dans les faits je suis ce genre de mère :

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Loïs dans la série Malcolm

 

Parce qu’il se trouve que mon fils est le parfait mélange de Malcolm pour l’aspect « je sais tout sur tout, j’ai un avis, sur tout, je ne sais pas fermer ma gueule et ceci me fait me retrouver systématiquement dans des situations périlleuses », de Dewey pour le côté bizarre (mais vraiment très bizarre) ainsi que l’imagination délirante et enfin de Francis pour sa tendance naturelle à s’opposer à sa mère, la tenir responsable de tout en toutes circonstances, bref vous l’aurez compris nous avons connu mon fils et moi quelques conflits !

Dieu Merci il n’a de Reese que l’inclination pour la lutte ! Ca peut toujours être pire…

Et moi ? Et bien moi je ne me reconnais pas!

Je ne savais pas qu’en moi sommeillait une gueularde, un général de l’armée de terre, je ne savais pas non plus que j’étais tellement tenace !

J’ai très vite fait le deuil de la figure emblématique maternelle et quasi christique à laquelle j’aspirais dans ma grande vanité ! Non, clairement j’ai appris à faire avec un humain que j’avais fabriqué et qui avait un caractère « particulier ».

Très vite j’ai compris que ça venait de moi… Parce que mon mari, bien qu’il ait du caractère et pas qu’un peu, n’est pas ce qu’on pourrait appeler une personnalité explosive alors que mon fils et moi sommes « volcaniques » et je dois dire que cet enfant a le mode d’emploi me concernant. Il a le bouton START et il arrive à me faire passer en une milliseconde d’un calme olympien à une furie !!!! C’est assez étonnant d’ailleurs et je lui reconnais volontiers ce talent !

 

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Je vous assure que ça y ressemble!

 

Il entre au collège en septembre et nous avons maintenant une décennie de vie commune à notre actif, c’est assez long pour qu’on se permette d’en faire un bilan.

Qu’ai-je appris de lui ? J’ai grandi. Incontestablement. J’ai appris à lâcher prise aussi, c’était obligatoire si je ne voulais pas me transformer en Médée (l’hyperbole vous l’aurez compris fait partie intégrante de ce post !!!)

J’ai appris aussi que les défauts que je lui ai légués en héritage allaient être une force parce que selon les circonstances avoir un sale caractère ça peut vous aider à faire face à beaucoup de connerie et c’est ô combien précieux de nos jours !

Et surtout moi qui me voyais fragile, je me suis découvert une force incroyable grâce à lui et non à cause de lui. J’ai mené des combats et suis devenue militante, une chose que je ne me soupçonnais vraiment pas capable de faire avant lui. J’ai aussi beaucoup appris sur la vie, sur les échecs qui n’en sont pas car ce sont des leçons ou des opportunités. J’espère sincèrement lui apporter autant qu’il m’a donné.

Ce que je lui ai appris ? Je ne sais pas il faudrait lui demander 🙂

Mais ce que je constate c’est qu’à l’aube de l’adolescence nous en avons fait du chemin lui et moi.

C’est un garçon calme et posé (tout arrive !!!) et le plus beau dans tout ça c’est notre relation. Il existe entre nous une sorte de pacte secret, nous sommes seuls à savoir nos défauts et nous en rions de bon cœur ! Je le surprends parfois à me ressortir des phrases que je lui ai dites quand il était plus jeune, alors je sais que tout a servi:  les pleurs, le désespoir, les cris, les « mais mon Dieu qu’est-ce qui m’a donné un enfant pareil », les mélodrames « j’arrête, je quitte tout Monde cruel » et bien entendu les joies et les rires !

Ce n’est pas pour rien que j’ai toujours aimé Forrest Gump, j’aurais aimé être ce genre de mère, en même temps Forrest n’est pas mon fils…

Mais c’est un film qui montre que l’on peut avoir une vie magnifique et pleine de surprises même si on démarre avec des points de retard.

Je ne sais pas ce que l’avenir réserve à mon fils. Je sais juste que j’ai confiance en lui, en la vie et en moi et ça c’est déjà beaucoup, vous ne croyez pas ?

 

 

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